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Préface
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.La .Petite Alice
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de Paul Gibson


(Extraits)


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La Petite Alice


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Article XXXV :
Quand le gouvernement viole les droits du peuple,
l’insurrection est pour le peuple, et pour
chaque portion du peuple, le plus sacré des droits
et le plus indispensable des devoirs.
(Extraits de la "Déclaration des droits
de l’homme et du citoyen" de 1793).

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     Ce n’est pas sans raison que les premiers personnages créés par le précurseur de la bande dessinée, Wilhem Busch, sont deux insupportables gamins, Max et Moritz : les enfants et leurs compagnons à quatre pattes ont toujours parcouru le monde de cet art, Bicot, Buster Brown, Charlie Brown et Lucy, héros des Peanuts, ainsi que le chien de la famille, Snoopy, ces derniers dévorés par des angoisses métaphysiques. Tous posent un regard neuf sur le monde en disant : "Le roi est nu", car ils n’ont pas encore appris la langue de bois. Anne-Marie Simond fait parler deux enfants, la Petite Alice et Spartacus ; écoutons-les.
     Le thème principal de ce livre est celui de la nécessaire révolte pour conserver ou retrouver sa liberté dans une société où tout le monde s’évertue à dire à tout le monde ce qu’il faut faire et penser, ne pas faire et ne pas penser, ce qui provoque chez la petite Alice cette réaction salutaire : "Se révolter 24 heures sur 24 est un devoir sacré".
     Six personnages s’affrontent sur un champ de bataille quotidien, une famille bourgeoise de notre temps. Le camp des adultes est représenté par la mère et le père, le camp des enfants par la Petite Alice, son cousin Spartacus et une jeune chienne, l’Autre Alice, tandis que, un peu à l’écart, se tient une vieille dame indigne, la Mamie. Le camp des parents est marqué par le conformisme, le camp des enfants par un questionnement permanent et la volonté d’obtenir des réponses logiques aux questions posées. L’étroitesse d’esprit des adultes fait contraste avec la sophistication et les connaissances supérieures de leurs enfants rebelles, et ce sont les enfants qui enseignent aux parents.
     L’artiste s’exprime par la bouche de la Petite Alice, qui conduit le camp des enfants ; drôle, cultivée, impertinente, révoltée, discutailleuse, anarchiste, c’est une raisonneuse qui n’a pas encore accepté les concessions de la vie en société, qui regarde le monde droit dans les yeux et refuse autant ses conventions que tout enseignement scolastique ; c’est une cartésienne en herbe exigeant que les hommes aient des actes en conformité avec leurs dires, et par son questionnement permanent, d’une logique implacable, elle déstabilise ses adversaires et met à jour leurs contradictions ; c’est ainsi qu’elle demandera, apprenant que de la portée à naître de la chienne Alice ses parents ne garderont qu’un chiot : " Maman, qu’as-tu fait de mes petits frères ? Avoue ! "
     " Se révolter ou ne pas se révolter ? ", telle est la question que se pose la petite fille face à sa mère, parfait exemple de la bourgeoise conformiste qui ne suit certes pas le conseil de Voltaire, dans son Dictionnaire philosophique : " Ne cherchez jamais à employer l’autorité là où il ne s’agit que de raison ". Son prénom, Alice, nous fait d’ailleurs penser à l’Alice de Lewis Carroll : comme cette dernière, elle se débat dans le monde inquiétant des adultes, et sa mère ressemble par bien des aspects à la Reine Blanche, odieuse et cruelle, d’Alice au pays des merveilles. 

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(conception  &  réalisation : anne-marie simond ;  copyright  ©  <éditions du héron>  2001)